En janvier 2025, un studio de design genevois a livré un système d'identité visuelle complet à une fintech avant que le contrat de prestation soit contre-signé. Trois semaines plus tard, le responsable marketing de la startup revendiquait la paternité du logo dans une présentation investisseur. Le studio avait transmis les fichiers maîtres via Dropbox. Aucun accord formel n'était signé. Aucun horodatage certifié n'existait. La Loi fédérale sur le droit d'auteur (LDA) leur accordait la propriété - mais sans preuve de date, ce droit restait purement théorique.
Cette situation n'est pas exceptionnelle. Elle illustre la limite centrale du droit d'auteur automatique. En Suisse, la LDA et la Convention de Berne (181 États membres) vous accordent la protection dès la création. Elles ne vous donnent pas de preuve. Un droit sans preuve ne vaut que votre parole face à un tribunal - et votre parole seule ne suffit pas.